Les géoressources énergétiques du Sud-Kivu

Auteur : AKILIMALI MAHESHE Samuel (Bureau d’Etude Géologique et Environnementale en RDC, BEGE-RDC) 

Cet article est une synthèse d’une présentation qui a été faite en date du 19 Mars 2016 dans le cadre d’une conférence organisée par le BEGE-RDC pour célébrer la Journée de Science de la Terre en Afrique et au Moyen Orient (DESAME, 2016) à Bukavu.

Pour télécharger  en version PDF cet article et d’autres qui sont paru dans notre journal pour la promotion des géosciences, Le cahier du bege-rdc, Nº1, Mars 2016 cliquer sur ce lien http://www.lecahierdubege-rdc.e-monsite.com

Le secteur énergétique est un composant majeur de l'infrastructure de la province du Sud Kivu et supporte le développement économique et social.

          En termes de dotation des ressources naturelles, la province est bénie avec une variété de ressources d'énergie. Celle-ci inclue une abondante biomasse et des ressources d'eau, des conditions solaires idéales, de la tourbe, des vents et des grandes quantités de gaz méthane ainsi que le pétrole (indices probables dans la plaine de la Ruzizi et dans le bassin du lac tanganyika).

          Cependant, à l'exception d'usage de biomasse traditionnelle dont la contribution est déjà énorme, le reste d'énergie potentielle reste inexploitée.

Le secteur de l’eau

L’hydroélectricité constitue la plus grande ressource d'énergie du Sud-Kivu pour le développement économique. Sa potentialité, estimée à plus de 3000 MW, est concentrée le long de la Rivière Ruzizi et les rivières Ulindi, l'Elila et Luama. Plus de cent petits sites d’hydroélectricité (0,5 à 5MW) ont aussi été identifiés ailleurs, surtout dans la partie montagneuse ouest de la province. En dépit de cette vaste capacité hydrologique, l'hydroélectricité constitue seulement 2% de consommation d'énergie.

 La génération présente n'est pas adéquate pour couvrir la demande et comme conséquence le délestage du système est estimé à 80 MW pendant les heures de pointe. Les projets d’hydroélectricité ont l'avantage d'éviter les émissions de gaz à effet de serre, SO2 et autres particules. Les impacts sociaux associés, tels que la transformation de la terre, le déplacement de la population, et impacts sur la faune, la flore ; les impacts sur la sédimentation et la qualité de l'eau peuvent être atténués en prenant au plus tôt des mesures appropriées dans le processus de planification.

Le gaz  méthane

Les réserves exploitables du bassin principal du lac Kivu s’élèvent à 55 milliards de m3 de méthane ; soit l’équivalent d’environ 470 millions de tonnes d’essence. En exploitant ce gisement à raison de 500 millions de m3/an soit l’équivalent de 4,25 millions de tonnes d’essence /an, la vie du gisement serait de 110 ans.

La conservation des gaz dissous dans les couches inférieures de l’eau du lac est due à la présence, entre 250 et 300m de profondeur, d’un gradient de densité qui permet d’éviter le mélange des eaux de surface et des eaux de profondeur. A côté de ce gradient de densité principal, il y a d autres gradients de moindre importance. La masse totale des eaux du lac se présente en forme de couches assez distinctes et stratifiées. Le lac se trouve, à l’exception de quelques phénomènes secondaires de brassage dans un état quasi-stationnaire.

 Il y a une légère perte de méthane de 120 millions de m3 /an due aux phénomènes de convection et de turbulence de surface, mais elle est compensée par le renouvellement du gaz dans les sédiments.

Il est possible de produire, à des coûts compétitifs, et à partir du gaz brut du lac Kivu :Le gaz méthane pour la combustion industrielle ;Le gaz méthane comprimé en bouteilles comme carburant pour véhicules à essence ;le méthanol (à utiliser comme carburant pour véhicules), L’essence (à utiliser comme carburant pour véhicules), L’urée comme engrais chimique.

La tourbe

Des nombreux marais se trouvent dans la province du Sud-Kivu et contiennent parfois de la tourbe. A titre d’exemple, la tourbe est à Kakonda (territoire de Kabare),  à Nyangezi, Ciherano et Kachandja (territoire de walungu). La tourbe affleure aussi au niveau de Mulamba dans un marais à la limite de la ville de Bukavu et territoire de kabare. Cette tourbe trouvée dans la province du Sud-Kivu est d’une importance capitale vu la demande en énergie (bois de chauffage, breze) et ses conséquences sur l’environnement. Elle peut être exploitée à la fois pour la combustion et pour les engrains. Elle peut également constituer une matière première dans l’industrie pour la fabrication de charbon actif pour l’épuration des eaux, fabrication du coke métallurgique destiné à la réduction des minerais pour le raffinage des fontes, etc

Le pétrole

Les accumulations sédimentaires dans le Sud-Kivu (principalement dans le Lac Tanganyika, plaine de Ruzizi et probablement le Lac Kivu) constitue de zones ouvertes à l’exploration pétrolière.

REFERENCE (Voir page 12)

 

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